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Croquettes Vétérinaires VS Croquettes supermarché

  • Photo du rédacteur: prunearnoul
    prunearnoul
  • 23 nov. 2025
  • 7 min de lecture

On vous l’a répété des dizaines de fois :


« Les croquettes du vétérinaire, c’est ce qu’il y a de mieux. »


croquette chien


Plus chères, vendues en blouse blanche, avec des mots rassurants comme “scientifiquement formulé”, “vétérinaire recommandé”, “nutrition clinique”… Tout est fait pour que vous en déduisiez :vétérinaire = forcément meilleure qualité que le supermarché.

Sauf que… quand on lit les lois, les rapports officiels et les compositions au dos des paquets, l’histoire est nettement moins claire.


Je te propose une enquête structurée, ton “journaliste indépendant / méfiant du système”, mais appuyée sur de vraies sources, textes de loi et études, avec les liens dans le texte.


1. Ce que dit la loi : mêmes règles pour TOUTES les croquettes


Première surprise : la loi ne fait pas de catégorie “croquettes vétérinaires”.

En Europe, tous les aliments pour animaux (supermarché, animalerie, boutique en ligne, vétérinaire) sont régis par le même règlement (CE) n°767/2009, qui impose qu’ils soient « sains, non altérés, adaptés à leur usage et correctement étiquetés ». C’est rappelé noir sur blanc sur le site du ministère français de l’Agriculture :👉 https://agriculture.gouv.fr/alimentation-animale (agriculture.gouv.fr)


Ce règlement s’accompagne d’un Code de bonnes pratiques d’étiquetage publié par la FEDIAF (la fédération européenne de la petfood), utilisé par tous les fabricants, qu’ils vendent en GMS ou chez le véto :👉 https://www.facco.fr/wp-content/uploads/2022/04/facco-fediaf-code-bonnes-pratiques-aliments-animaux-familiers1.pdf (Facco)


Autrement dit :

La loi exige les mêmes standards de base pour un sac de croquettes Royal Canin vendu chez le vétérinaire et pour un sac vendu en grande surface.

Il n’existe pas, juridiquement, de “super label magique” parce que c’est vendu dans une clinique.


2. Quand on lit les compositions : céréales, sous-produits et marketing


Regardons maintenant ce qui est écrit sur les paquets, tous circuits confondus.

Le Code FEDIAF et les guides d’étiquetage expliquent qu’un fabricant peut écrire “boeuf” sur le paquet, mais légalement, dans la composition, ça devient souvent :

« viandes et sous-produits animaux (bœuf X%) »


Des articles pédagogiques sur la composition des croquettes montrent tous la même chose : l’étiquette doit mentionner minimum protéines brutes, matières grasses, fibres brutes, humidité… mais le taux de glucides n’est pas obligatoire, et les termes “sous-produits animaux”, “céréales”, “sous-produits végétaux” restent très flous pour le consommateur. (Food Label Maker)


Et là, des enquêtes “indés” ont commencé à comparer :

·         Le blog Aunomduchien.com explique, à propos de certaines croquettes vendues chez les vétérinaires :

vendues très cher, elles contiennent “souvent très peu de viande (et pas les plus belles parties)” et beaucoup d’ingrédients végétaux bon marché.👉 https://aunomduchien.com/top10/ (Au Nom du Chien)

·         Un article critique citant l’enquête de Jérémy Anso conclut que les croquettes vétérinaires “recèlent, comme leurs homologues de premiers prix, des ingrédients et des équilibres nutritionnels de mauvaise qualité : trop de glucides, trop de lipides, pas assez de protéines de bonne qualité, jusqu’à 30 % de céréales”.👉 https://poupi-laviesaine.jimdofree.com/2016/03/16/nos-animaux-mangent-ils-sainement/ (Poupi La Vie Saine)


L’encyclopédie Wikipédia elle-même rappelle que les croquettes pour chiens utilisent souvent des glucides à des taux très élevés (40–50 %), et que ces produits sont majoritairement fabriqués par un petit nombre de géants (Mars, Nestlé, Colgate/Hill’s, etc.), que ce soit pour les supermarchés ou les gammes “vétérinaires” :👉 https://fr.wikipedia.org/wiki/Nourriture_pour_chien (Wikipédia)


En clair :

Sur l’étiquette, un grand nombre de croquettes “vétérinaires” et de croquettes de supermarché affichent des profils très proches : beaucoup de céréales, beaucoup de sous-produits, glucides élevés.Ce qui change surtout : le discours marketing, pas toujours la matière première.


3. Les tests consommateurs : prix élevé ≠ meilleure qualité


Des organismes indépendants ont fait leurs propres tests :

·         60 Millions de consommateurs a testé des croquettes pour chats et chiens à plusieurs reprises (ex. 12 références de croquettes pour chats en 2024), en évaluant protéines, acides aminés essentiels (taurine, arginine), acides gras oméga-3, etc.👉 https://www.pleinevie.fr/vie-quotidienne/animaux/voici-les-meilleures-croquettes-pour-chat-selon-60-millions-de-consommateurs-139755.html (Pleine vie)


Résultat :

o        Certaines marques “grand public” s’en sortent très bien.

o        Certaines plus chères ne justifient pas leur prix par une meilleure qualité nutritionnelle.

·         UFC–Que Choisir a publié une enquête intitulée “Une gamelle de fausses promesses”, dénonçant des allégations type “sans OGM”, “viande fraîche”, “sans céréales”, “naturel” qui surfent sur les peurs des consommateurs sans forcément garantir une meilleure valeur nutritionnelle.👉 https://www.quechoisir.org/enquete-aliments-pour-chiens-et-chats-une-gamelle-de-fausses-promesses-n88562/ (quechoisir.org)


Là encore, ce qui ressort, c’est que le prix, le circuit de vente et le marketing ne sont pas des indicateurs fiables de la qualité réelle.


Certaines cliniques vétérinaires ont même relayé les tableaux de 60 Millions de consommateurs, où des marques de distributeur (Leclerc, Carrefour, etc.) sont classées à côté de Royal Canin ou autres “premium”, avec des notes parfois proches. (Clinique Vétérinaire des Acacias)


Donc non, les tests indépendants ne valident pas l’idée :

“vétérinaire = toujours mieux, supermarché = forcément pourri”.

La réalité : il existe du médiocre et du correct partout.


4. Le nerf de la guerre : un marché ultra-concentré, ultra-rentable


Autre volet de l’histoire : qui fabrique les croquettes ?


Des études de marché (Xerfi, Indexpresse, etc.) montrent que le marché français de la petfood est dominé par deux géants : Nestlé Purina et Mars Petcare (Royal Canin, Pedigree, Whiskas…), qui réalisent ensemble plus de 60 % du chiffre d’affaires sur chiens/chats.👉 https://madeinfr.fr/etudes-de-marche/agroalimentaire-alimentation/le-marche-du-petfood-en-france/👉 https://www.indexpresse-delphes.fr/sites/www.indexpresse-delphes.fr/files/etudes/T3.2406.131%20ALIMENTS%20POUR%20ANIMAUX%20DE%20COMPAGNIE.pdf (Made in FR)


Autrement dit :

·         Les mêmes groupes produisent :

o        des marques “premier prix” de supermarché,

o        des marques “premium”,

o        et les croquettes “vétérinaires” (ex : Royal Canin Vet, Hill’s Prescription Diet, etc.).


On retrouve donc les mêmes actionnaires derrière des gammes vendues en GMS et chez le véto.


Et ce n’est pas un secteur philanthropique :

·         Une étude sur les animaleries estime la marge brute globale visée entre 35 % et 45 %, en expliquant d’ailleurs que certains produits à plus forte marge (dont la petfood spécialisée) sont stratégiquement mis en avant.👉 https://modelesdebusinessplan.com/blogs/infos/animalerie-estimation-revenu-outil (Modelesdebusinessplan.com)

·         Des témoignages et publications rappellent que la petfood est un “produit à forte marge” pour les chaînes et distributeurs spécialisés, y compris les “grands” du secteur. (bettercitiesforpets.fr)


Enfin, cerise sur le gâteau :En 2012, l’Autorité de la concurrence française a condamné Nestlé, Mars et Colgate-Palmolive (Hill’s) pour entente sur les prix des aliments pour chiens et chats distribués via les grossistes.👉 résumé dans l’article Wikipédia “Nourriture pour chien” : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nourriture_pour_chien (Wikipédia)


Pour un “journaliste complotiste”, le tableau est facile à tracer :

Même industriels, même lois, mêmes jeux sur les prix, même obsession de marge… mais on vous vend un discours “scientifique” dès que le sac est posé dans une clinique plutôt qu’en rayon de supermarché.


5. Comment vérifier par toi-même quelles sont les croquettes avec céréales « les moins pires »


Plutôt que de croire au mythe “si c’est chez le véto, c’est mieux”, tu peux te baser sur des critères concrets, recommandés aussi par des organismes plus neutres comme Protégez-Vous au Québec ou des guides de nutrition :👉 https://www.protegez-vous.ca/loisirs-et-famille/nourriture-pour-chiens/comment-choisir-une-bonne-nourriture-pour-chiens (Protégez-Vous)


Quelques repères pratiques :

a.      Regarde la liste d’ingrédients, pas le logo :

o        idéalement : une ou plusieurs sources de viandes clairement identifiées au début (“poulet frais”, “farine de poulet”, “saumon”, etc.)

o        méfiance si tu vois surtout : “céréales”, “sous-produits végétaux”, “sous-produits animaux” sans précision.


b.      Vérifie l’analyse garantie :

o        Protéines brutes : pour un carnivore (chat, chien), on cherche un taux cohérent avec son espèce (souvent > 28–30 % pour un chat en croquettes sèches, à adapter au contexte).

o        Matières grasses, fibres, humidité et si possible la présence d’acides gras essentiels (oméga-3).


c.      Carburant caché : les glucides.Ils ne sont quasiment jamais affichés, mais les sources (FEDIAF, Wikipédia) rappellent qu’on monte facilement à 40–50 % dans les croquettes industrielles. (Wikipédia)

o        Plus tu as de céréales (maïs, blé, riz, etc.) haut dans la liste, plus tu peux suspecter un fort taux de glucides.


d.      Évite de te laisser hypnotiser par :

o        “Vet approved”, “scientifiquement prouvé”, “spécial vétérinaires”…Ces allégations sont justement pointées par l’UFC–Que Choisir comme souvent floues ou trompeuses. (quechoisir.org)


e.      Compare deux étiquettes côte à côte.Tu seras parfois choqué(e) de voir qu’une croquette “vétérinaire” deux fois plus chère a une composition très proche d’une croquette de supermarché ou d’une MDD correcte.


Donc :

Pour un animal en bonne santé, il n’y a aucune preuve générale que “croquettes du vétérinaire = systématiquement meilleure qualité que tout ce qu’on trouve en GMS ou en ligne”.Ce qui compte, c’est la composition réelle et l’adéquation au profil de ton animal, pas le fait que le sac soit posé à côté du comptoir de consultation.


7. ce que l’enquête montre vraiment


Si on résume froidement les faits :

·         ✅ Même cadre légal pour toutes les croquettes (supermarché, vet, animalerie, internet). (agriculture.gouv.fr)

·         ✅ Même géants industriels derrière une grande partie des marques, tous circuits confondus. (Index Presse Delphes)

·         ✅ Des tests indépendants (UFC–Que Choisir, 60 Millions) montrant que :

o        certaines croquettes de GMS s’en sortent bien,

o        certaines “premium/véto” n’apportent pas de plus-value justifiant le prix. (quechoisir.org)

·         ✅ Des critiques documentées sur la composition de nombreuses croquettes vétérinaires : trop de céréales, pas assez de protéines animales de qualité. (Poupi La Vie Saine)

·         ✅ Un marché à très fortes marges, où la petfood est un produit d’appel ultra-rentable. (Modelesdebusinessplan.com)

·         ✅ Un précédent de collusion sur les prix (amende de l’Autorité de la concurrence aux trois géants Nestlé/Mars/Colgate). (Wikipédia)


Affirmer que les croquettes sont par nature “nettement meilleures” simplement parce qu’elles sont vendues chez le véto est totalement infondé.


On a transformé un produit industriel standardisé, fabriqué par quelques multinationales déjà condamnées pour entente sur les prix, en “acte médical” prestigieux simplement en le plaçant derrière un comptoir de clinique.La seule vraie façon de reprendre le pouvoir, ce n’est pas de croire l’étiquette, ni le discours commercial, mais d’apprendre à lire la composition et de comparer froidement, véto OU supermarché.

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elie et mado editions

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