Éducation nationale ou Instruction nationale ? La bataille des mots, la guerre des esprits
- prunearnoul
- 27 sept. 2025
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1. Introduction : quand les mots trahissent le projet
Les mots ne sont jamais neutres. Derrière chaque terme institutionnel se cache une intention.
Or, en France, on parle d’Éducation nationale. Cela paraît naturel. Mais si l’on y regarde de plus près, une question se pose : pourquoi “éducation” et non pas “instruction” ?
Instruire signifie transmettre des savoirs, donner les outils de penser librement.
Éduquer implique former, modeler, discipliner, inculquer des comportements.
Derrière ce glissement sémantique se joue une question cruciale : l’école forme-t-elle des esprits libres ou des citoyens obéissants ?
2. Un rappel historique : l’instruction pour libérer, l’éducation pour soumettre
Sous la IIIe République, on parlait d’Instruction publique. Jules Ferry voulait donner à tous les moyens d’accéder aux savoirs de base : lire, écrire, compter, penser.
Après la Seconde Guerre mondiale, le terme change : on ne parle plus d’instruction mais d’éducation nationale. Le vocabulaire se politise. Il ne s’agit plus seulement d’apprendre, mais de former des citoyens conformes au modèle républicain.
Ce changement est tout sauf anodin. Il marque la transition d’une école qui libère à une école qui conditionne.
3. Éduquer = discipliner, soumettre, normer
Dans son sens étymologique, éduquer vient du latin educare : conduire hors de. Mais, dans l’usage moderne, cela a pris le sens de dresser, inculquer, orienter.
Éducation = obéissance : apprendre à suivre les règles sans les questionner.
Éducation = uniformisation : gommer les différences individuelles pour fabriquer des citoyens standardisés.
Éducation = hiérarchie : l’élève n’est pas invité à chercher par lui-même, mais à reproduire le savoir institutionnel.
L’école devient alors une machine à fabriquer du consentement, bien plus qu’un lieu d’éveil.
4. Instruire = transmettre les clés de la liberté
L’instruction, au contraire, vise la maîtrise des outils intellectuels.
Apprendre à lire, c’est pouvoir explorer des bibliothèques entières, pas seulement les manuels validés par le ministère.
Apprendre l’histoire, c’est comprendre les forces en jeu, pas seulement réciter une version officielle.
Apprendre à raisonner, c’est pouvoir contester, vérifier, créer.
L’instruction est émancipatrice, car elle rend l’élève autonome dans sa pensée.
5. Comment l’Éducation nationale façonne des esprits dociles
Derrière le mot “éducation”, il y a un projet politique implicite : fabriquer des citoyens adaptés au système.
Programmes uniformisés, décidés par le haut.
Examens qui récompensent la mémorisation plus que la réflexion.
Sanctions implicites pour ceux qui pensent différemment (mauvaise note, marginalisation, orientation forcée).
Valorisation des “bons élèves” (ceux qui obéissent) plutôt que des esprits créatifs.
Résultat : l’école apprend moins à chercher la vérité qu’à se conformer.
6. Le rôle caché : préparer à la société de contrôle
Certains observateurs estiment que ce n’est pas une dérive, mais une intention.
Former des travailleurs dociles : l’école apprend à se lever à heure fixe, à rester assis, à obéir à une autorité extérieure.
Préparer au système technocratique : suivre les consignes, accepter la norme, ne pas remettre en cause la hiérarchie.
Éteindre la pensée critique : celui qui questionne trop tôt dérange. Mieux vaut formater dès l’enfance.
Ainsi, l’Éducation nationale est l’antichambre du totalitarisme soft : elle ne brise pas, elle façonne subtilement pour que chacun rentre dans le moule.
7. Les clés pratiques pour sortir de l’illusion
Heureusement, il existe des moyens de redonner sa place à l’instruction, même dans un système éducatif verrouillé :
Éducation parallèle à la maison : apprendre à ses enfants l’esprit critique, la logique, l’histoire cachée, les sources alternatives.
Apprentissage autodidacte : internet et les bibliothèques offrent plus de ressources qu’aucune école ne pourra donner.
Valoriser la curiosité : encourager les enfants à poser des questions, même gênantes.
Réhabiliter la lecture : lire des auteurs classiques, des penseurs indépendants, des chercheurs hors système.
Créer des écoles alternatives : pédagogies Montessori, Steiner, écoles libres qui privilégient l’exploration plutôt que la répétition.
8. Conclusion : choisir entre obéissance et liberté
Le débat entre “éducation” et “instruction” n’est pas une querelle de mots. C’est une bataille civilisationnelle.
L’éducation nationale forme des citoyens dociles, adaptés à une société de contrôle.
L’instruction nationale donnerait naissance à des individus libres, capables de penser, d’innover, de résister aux manipulations.
La vraie souveraineté d’un peuple commence par là : des esprits instruits, pas des corps éduqués.
Il ne s’agit pas de renverser l’école, mais de la réinventer. De passer d’un modèle qui conditionne à un modèle qui libère.
Car l’avenir ne dépend pas des “bons élèves”, mais de ceux qui auront osé penser autrement.
Prune Arnoul




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