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2025 : Les cliniques vétérinaires tombent sous contrôle financier – que cache vraiment cette prise de pouvoir ?

  • Photo du rédacteur: prunearnoul
    prunearnoul
  • 22 nov. 2025
  • 4 min de lecture
veterinaire

Depuis 2020, les signaux s’accumulent : les cliniques vétérinaires indépendantes sont rachetées par des groupes financiers. En 2025, cette tendance devient un rouleau compresseur.


Ce n’est pas encore “toutes les cliniques”, mais la concentration et l’entrée des fonds d’investissement liés à BigVet / BigPharma sont officiellement reconnues… et massivement sous-estimées par le public.


Cet article analyse ce que cela change pour nos animaux, pour notre portefeuille, pour l’indépendance des vétérinaires, et pour le pouvoir réel des laboratoires pharmaceutiques.


1. Les faits officiels : le marché vétérinaire est en train d’être absorbé par les groupes


L’Autorité de la concurrence française décrit depuis plusieurs années une concentration préoccupante du secteur.


Dans son avis sur les médicaments vétérinaires (2025), elle alerte sur la montée des réseaux financiers :  https://www.autoritedelaconcurrence.fr/fr/avis/avis-ndeg-24-a-13-du-13-octobre-2025


Déjà en 2023, Agra Presse signalait une explosion des rachats de cliniques par des chaînes : https://www.agrapresse.fr/veterinaire-concentration-cliniques


Au niveau européen, la Finland Competition and Consumer Authority documente l’impact des chaînes corporates sur les prix : https://www.kkv.fi/en/current/press-releases/2023/29.03.2023


Au Royaume-Uni, la Competition and Markets Authority (CMA) révèle que les prix ont explosé de 63 % depuis l’arrivée des grands groupes : https://www.gov.uk/government/news/cma-warns-vet-sector-faces-investigation



Traduction : Ce n’est pas un délire complotiste —, c'est documenté par les autorités officielles.


2. La loi française dit que BigPharma ne peut PAS acheter une clinique (mais ça, c’est la théorie)


Le droit français impose que 51 % du capital d’une société vétérinaire soit détenu par des vétérinaires praticiens.

Article L241-17 du Code rural et de la pêche maritime : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000037370651/


Et il interdit à des acteurs exerçant “une influence”, comme les laboratoires pharmaceutiques, d’entrer dans le capital.


Mais en pratique : les fonds, les holdings, les chaînes corporates, les groupes agroalimentaires liés aux labos…… contournent ces règles grâce à des structures juridiques en cascade.

C’est la différence entre la lettre de la loi et la réalité économique.


3. Qui contrôle vraiment les cliniques ? Spoiler : des multinationales inconnues du public


AniCura (Europe) – rachetée par MARS, le géant mondial de la nourriture animale.

IVC Evidensia – contrôlé par EQT Partners + soutien de Nestlé.

 Nestlé est présent via ses divisions PetCare : https://www.nestle.com/media/news/nestle-petcare-business


VetPartners – financé par BC Partners (private equity).

Argos – un autre poids lourd du capital-investissement.

Tous ces acteurs ont un point commun :leur business model repose sur la rentabilité médicale — pas sur le serment vétérinaire.


4. Ce que ça change pour nos animaux : la montée de la médecine sous KPI


4.1 Prix en hausse

L’Autorité de la concurrence le dit noir sur blanc : “hausse généralisée du coût des soins vétérinaires”



Au Royaume-Uni, la CMA montre que les prix sont plus élevés dans les chaînes que chez les indépendants : https://www.gov.uk/government/news/cma-warns-vet-sector-faces-investigation


4.2 Actes non indispensables + pression commerciale

Dans les réseaux corporates :  objectifs de chiffre d’affaires, protocoles standardisés,

 consultation minutée, ventes forcées d’aliments et compléments

 “plans santé” qui verrouillent le client

De nombreux vétérinaires français témoignent anonymement



5. Le vrai danger : les conflits d’intérêts invisibles


Ce n’est pas que “BigPharma rachète les cliniques”.


C’est que quelques groupements d’achats négocient pour la majorité des vétérinaires, orientant automatiquement :

· les marques disponibles

· les produits mis en avant

· les gammes imposées aux praticiens


Le rapport de l’Autorité de la concurrence souligne que 5 groupes contrôlent +70 % des achats : https://www.autoritedelaconcurrence.fr/fr/communiques-de-presse

Résultat :


La liberté de prescription existe encore sur le papier, mais plus vraiment dans les frigos des cliniques.


6. Et l’expertise indépendante ? Elle est fragilisée


Depuis 2022, plusieurs amendements politiques visent à mettre l’ANSES sous tutelle via un conseil d’orientation dominé par les industriels.


Le Monde a publié deux tribunes d’alerte :



(“Des risques graves pour l’indépendance de l’ANSES”)

Reportage de Reporterre sur la guerre d’influence autour de l’ANSES : https://reporterre.net/ANSES-attaque-independance


Cette agence évalue : les médicaments vétérinaires, les vaccins, les biocides, les pesticides, les additifs alimentaires

Si elle perd son indépendance, c’est toute la chaîne de décision du médicament vétérinaire qui est fragilisée.


7. Ce qui apparaît dans la presse indépendante


Mediapart publie régulièrement des enquêtes sur la financiarisation de la santé animale et humaine :


Disclose a sorti un dossier sur les conflits d’intérêts vétérinaires/agro-industrie :


Basta! a analysé la mainmise économique sur le secteur animalier :



8. Le versant “mouvance complotiste / alternative”


On y trouve les interprétations plus radicales :

“BigPharma contrôle la médecine vétérinaire pour imposer :

· vaccins multiples,

· croquettes ultra-transformées,

· antiparasitaires à répétition,

· surdiagnostics généralisés.”

 


9. Le fond du problème : la financiarisation de la santé animale


Ce qui se joue réellement :

 L’animal de compagnie = nouveau marché premium

(“pet humanization”, croissance à 2 chiffres)

 
Les grands groupes veulent capter une part de ce marché

et le transformer en revenu récurrent :


– abonnements


– check-up programmés


– protocoles standardisés


– ventes internes de médicaments


 L’indépendance vétérinaire recule même si le vétérinaire reste “libre” sur le papier.
 Le propriétaire perd son pouvoir de choix par manque d’information.
 Les prix augmentent sans justification proportionnelle de qualité.

10. Que peut faire le propriétaire d’un animal ?


a. Demander QUI possède la clinique

(les chaînes ne se présentent jamais comme telles)

b. Comparer les devis

(ne jamais accepter un traitement sans demander alternatives)

c. Exiger une ordonnance

et acheter certains médicaments ailleurs (pharmacie ou internet légal)



4. Soutenir les cliniques réellement indépendantes

5. Ne pas se laisser intimider par l’autorité du “blouse + logo corporate”

Ce qui arrive au secteur vétérinaire : n’est pas un fantasme, n’est pas une invention, n’est pas seulement une théorie complotiste.

C’est un fait économique massif, reconnu par les autorités officielles : la santé animale devient un marché dominé par des multinationales et des fonds financiers.

Le risque n’est pas que “BigPharma contrôle tout”.


Le risque, beaucoup plus réel, est que :La décision médicale ne soit plus guidée par le soin… mais par la rentabilité.


 Prune Arnoul

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