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« Tu n’es pas médecin, donc ton avis ne compte pas. »

  • Photo du rédacteur: prunearnoul
    prunearnoul
  • 22 nov. 2025
  • 3 min de lecture
je ne suis pas medecin

Dans le débat public contemporain, un réflexe revient comme un mantra :


« Tu n’es pas médecin, donc ton avis ne compte pas. »


Cet argument d’autorité, que les philosophes nomment argumentum ad verecundiam, est pourtant loin d’être infaillible — et il est même explicitement critiqué dans plusieurs cadres juridiques, scientifiques et journalistiques.

Voici comment y répondre de manière percutante, structurée et parfaitement légitime.


1. Le droit français ne réserve pas la réflexion scientifique aux médecins

On l’oublie souvent, mais la liberté d’expression sur les sujets scientifiques et sanitaires n’est pas réservée aux détenteurs du titre de médecin.


Références juridiques :


  • Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, art. 11 :

  • « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme. »

  • Conseil constitutionnel, décision n° 2009-580 DC : confirme la valeur constitutionnelle de la liberté d’expression, y compris en matière scientifique.

  • Code de la santé publique : protège l'usage du titre de médecin, pas le droit d’analyser, commenter ou comprendre l’information médicale.

Donc : l’interdiction porte sur “se présenter comme médecin”, pas sur comprendre, critiquer, étudier ou diffuser des informations de santé.


2. Les autorités scientifiques elles-mêmes rappellent que l’expertise n’est jamais monopolisée

Les institutions scientifiques modernes fonctionnent sur un principe fondamental :


La critique peut venir de partout, pas uniquement des titulaires d’un diplôme.



Références :

  • Philosophie des sciences — Karl Popper (La Logique de la découverte scientifique) :Toute théorie doit pouvoir être remise en question par n’importe qui tant que l’argumentation est logique.

  • Sociologie des sciences — Bruno Latour :

    La production scientifique implique des acteurs multiples : chercheurs, ingénieurs, citoyens, journalistes, associations.

  • Publications du CNRS sur la “science participative” :démontrent que des milliers d'études intègrent des contributions non-professionnelles (ornithologie, génétique participative, astrophysique).


La compétence ≠ le diplôme.


La crédibilité = la qualité de l’argumentation + les sources, pas le titre.


3. L’argument “tu n’es pas médecin” est un sophisme reconnu

Dans les débats, on appelle cela un argument d’autorité.


Source :

  • Aristote — Rhétorique

  • Schopenhauer — L’art d’avoir toujours raison

  • École de Palo Alto — travaux sur les fallacies cognitives

Un argument d’autorité ne prouve rien.


Surtout pas que l’autre a raison.


Encore moins que vous avez tort.

Ce n’est pas celui qui parle qui compte, mais ce qu’il dit.


4. Même les médecins ne sont jamais d’accord entre eux

C’est un fait documenté :


Sur n’importe quel sujet médical important, des médecins diplômés, chercheurs et professeurs s’opposent entre eux.


Exemples historiques documentés :

  • La découverte des bactéries par Pasteur a été combattue par… des médecins.

  • Le danger du tabac a été nié par des médecins pendant 40 ans.

  • Les recommandations alimentaires (lipides, sucres) changent continuellement.


Sources :

  • NEJM, Lancet, Nature, archives OMS — publications montrant l’évolution permanente des consensus médicaux.


Si même les experts ne sont pas unanimes… l’argument du diplôme n’a aucune valeur absolue.


5. La compétence citoyenne est officiellement reconnue


Plusieurs textes encouragent la population à se renseigner, comprendre, débattre et exercer un esprit critique.


Références institutionnelles :

  • OMS — International Health Regulations (IHR) : nécessité d’impliquer les citoyens informés dans les décisions de santé publique.

  • HAS — Haute Autorité de Santé : valorise “l’éducation thérapeutique du patient” → cela suppose un patient qui comprend et peut questionner.

  • Débat public France / CNDP : participation des citoyens à la prise de décision en matière de santé (nanotechnologies, biologie, vaccins, épidémiologie).


Être un citoyen éclairé est un droit… et un devoir.


6. La légitimité se mesure à la qualité des sources

Lorsque quelqu’un dit :


« Tu n’es pas médecin ! »

On peut répondre :

“Je ne prétends pas être médecin.


Je cite des sources scientifiques, des études, des faits vérifiables.


Ce ne sont pas mes titres qui comptent, mais mes références.”

Parce qu’en réalité, dans la pratique journalistique, universitaire ou scientifique, ce qui donne de la légitimité, c’est :

  • la qualité des études citées

  • la cohérence du raisonnement

  • la transparence des sources

  • la rigueur argumentative

  • la vérifiabilité


Un citoyen qui lit des publications scientifiques vaut mille fois plus qu’un médecin qui se contente de répéter un consensus sans l’avoir étudié.


7. Réponse courte, percutante et parfaitement défendable

Tu peux répondre ceci :

“Je ne suis pas médecin, c’est vrai.


Mais la science n’appartient pas aux médecins.


Elle appartient à ceux qui l’étudient, la comprennent, la vérifient et la citent.


Je parle avec des sources, pas avec un titre.”

Ou encore :

“Le savoir n’est pas un monopole.


Ce que je dis doit être évalué sur mes preuves, pas sur mon diplôme.”


8. La phrase finale, sans agressivité mais impossible à contrer

“Si j’ai tort, montre-moi une source scientifique qui me contredit.


Sinon, ton argument est juste un titre, pas une preuve.”


Prune Arnoul

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